La pénurie de main-d'œuvre en cybersécurité au Canada et les obstacles de carrière pour les immigrants
Ce que cela signifie pour vous : Le Canada souffre d'une pénurie critique de travailleurs en cybersécurité, laissant le pays vulnérable aux cybermenaces. Cependant, les immigrants qualifiés qui pourraient occuper ces emplois se heurtent à un « plafond de verre ». Si vous êtes un immigrant à la recherche d'un emploi dans la technologie, ou si vous êtes un employeur, cela a une incidence sur vos plans d'embauche et votre sécurité en ligne.
Les chiffres derrière la pénurie
Le besoin de professionnels en cybersécurité au Canada est urgent. Actuellement, l'écart de main-d'œuvre se situe entre 25 000 et 30 000 travailleurs. Les experts prévoient que cette pénurie va exploser, atteignant potentiellement 100 000 postes vacants d'ici l'année 2035.
Bien que le gouvernement fédéral prévoie de prioriser l'immigration dans le domaine de la santé et l'immigration francophone en 2025, la cybersécurité demeure une priorité absolue pour les travailleurs étrangers qualifiés. Malgré cette demande, de nouvelles recherches montrent que le système est défaillant pour beaucoup de ceux qui sont qualifiés pour occuper ces emplois.
Le « plafond de verre » pour les immigrants
Une récente étude basée sur 55 entretiens avec des professionnels immigrants a révélé une tendance alarmante. Même avec de solides qualifications, de nombreux immigrants qualifiés ne peuvent pas progresser dans leur carrière.
La recherche souligne que si les immigrants racisés constituent une partie importante de la main-d'œuvre technologique, ils sont absents des postes de direction en cybersécurité. Les chiffres sont particulièrement bas pour les femmes :
- Les femmes racisées n'occupent que deux pour cent des postes de haute direction dans ce domaine à l'échelle mondiale.
Pourquoi cela arrive-t-il ?
L'étude a identifié trois principaux obstacles qui maintiennent les travailleurs qualifiés à des postes de niveau débutant :
- Manque de réseaux : De nombreux immigrants n'ont pas l'« expérience canadienne » ou les réseaux professionnels qui mènent souvent aux promotions.
- Absence de mentorat : Il y a un manque de dirigeants seniors pour guider les nouveaux arrivants.
- Biais culturels : Les travailleurs ont signalé faire face à de la discrimination et à des défis linguistiques qui les freinent, indépendamment de leurs compétences techniques réelles ou de leur expérience passée.
Pour le pays, cela signifie que nous n'utilisons pas tout notre vivier de talents pour lutter contre la cybercriminalité. Pour les travailleurs, cela signifie des salaires plus bas et une carrière stagnante.
Qui est touché ?
- Les immigrants qualifiés : Particulièrement ceux des communautés racisées qui possèdent des compétences techniques mais ne trouvent pas de rôles correspondant à leur niveau d'expérience.
- Les employeurs canadiens : Des entreprises qui peinent à trouver du personnel pour protéger leurs données et leurs systèmes.
- Le grand public : Une pénurie de main-d'œuvre signifie que le Canada est moins équipé pour gérer les cyberattaques, ce qui peut menacer les infrastructures et la vie privée.
Ce que vous devez faire
Pour les employeurs :
- Réexaminer les pratiques d'embauche : Regardez au-delà des exigences d'« expérience canadienne ». Concentrez-vous sur les compétences et les capacités techniques réelles.
- Créer des programmes de mentorat : Associez des dirigeants seniors au personnel immigrant junior pour aider au transfert de connaissances et à l'ouverture de portes.
- Auditer la culture : Assurez-vous que votre milieu de travail est inclusif et qu'il traite des biais inconscients.
Pour les chercheurs d'emploi (immigrants) :
- Trouver des mentors : Cherchez activement des associations professionnelles (comme les chapitres de (ISC)² ou de l'ISACA au Canada) qui offrent du réseautage.
- Cibler des entreprises inclusives : Renseignez-vous sur les employeurs qui ont des engagements publics en matière de diversité et d'inclusion (D&I).
- Mettre en valeur les douces compétences : Assurez-vous que votre CV met en évidence la communication et l'adaptabilité, et pas seulement les certifications techniques.
En résumé
Le Canada connaît un énorme déficit de 25 000 à 30 000 travailleurs en cybersécurité qui doit être comblé d'ici 2035. Cependant, les immigrants qualifiés sont confrontés à des obstacles systémiques qui les empêchent d'occuper ces postes. Pour remédier à la pénurie et améliorer la mobilité économique, les employeurs canadiens doivent briser le « plafond de verre » grâce au mentorat et à des pratiques d'embauche plus équitables.