L'économie alimentaire divisée du Canada : Pourquoi vos courses sont toujours chères
Ce que cela signifie pour vous : Vous avez peut-être l'impression d'avoir moins de valeur pour votre argent à l'épicerie. Une nouvelle analyse suggère que le déclin de la classe moyenne divise le marché alimentaire en deux. Cela signifie que les options de gamme moyenne disparaissent, vous laissant le choix entre des articles premium coûteux ou des produits de base axés sur les calories plutôt que sur la qualité.
L'économie alimentaire en « K »
Un récent rapport du Dr Sylvain Charlebois, de l'Université Dalhousie, met en lumière un changement majeur dans les habitudes d'achat alimentaires des Canadiens. Il ne s'agit plus seulement de l'inflation générale, mais des inégalités de revenus.
Au cours de la dernière décennie, les 20 % des plus hauts revenus ont augmenté leur part du revenu total, tandis que les 20 % les plus bas ont vu leur part diminuer. Cela a créé deux économies alimentaires distinctes :
- Le riche acheteur : Les revenus élevés continuent de dépenser librement. Ils stimulent la demande pour des produits de qualité supérieure. Comme ils sont prêts à payer, il y a moins de pression sur les détaillants pour baisser les prix sur ces articles.
- L'acheteur en difficulté : Les ménages à faible revenu sont forcés de « rétrograder ». Ils doivent se concentrer strictement sur les calories par dollar plutôt que sur la nutrition ou la préférence de marque.
Pourquoi les prix restent élevés
Cette division crée un « plancher prix ». Comme les Canadiens riches achètent toujours, les détaillants n'ont pas besoin de baisser les prix pour attirer les clients. Entre-temps, les ménages à faible revenu n'ont pas le choix de payer pour les produits essentiels, ce qui maintient la demande stable.
Cela explique pourquoi les chiffres officiels de l'inflation peuvent sembler meilleurs que ce que vous ressentez à la caisse. Le marché cible ceux qui peuvent encore se permettre de payer, laissant tous les autres sur le bord du chemin.
La mort du rayon du milieu
La partie la plus frustrante pour la famille moyenne est la disparition de la « classe moyenne » des produits alimentaires.
- Les marques de gamme moyenne peinent : Sans une classe moyenne solide pour les soutenir, les marques qui se situent entre le « budget » et le « luxe » échouent.
- Moins de variété : Au fur et à mesure que ces marques disparaissent, les rayons des magasins offrent moins de choix.
- Moins d'innovation : Les nouveaux produits alimentaires ne peuvent pas survivre car le marché cible — les familles moyennes — n'a plus le revenu disponible pour les essayer.
Qui est touché
- Les familles à revenu moyen : Vous ressentez le plus la pression. Vous gagnez probablement trop pour avoir droit à une aide gouvernementale significative, mais votre pouvoir d'achat a chuté. Vous êtes forcé soit de sacrifier la qualité pour respecter votre budget, soit de dépenser plus que prévu pour maintenir votre niveau de vie.
- Les retraités à revenu fixe : Ceux qui vivent avec une pension voient leur pouvoir d'achat s'éroder à mesure que le « plancher prix » maintient le coût des produits essentiels élevé.
- Les acheteurs au budget : Si vous comptez sur les rabais, vous pourriez constater que les soldes sont moins fréquents car les détaillants savent que les acheteurs de haut de gamme couvriront leurs marges bénéficiaires.
Ce que vous devriez faire
En attendant les changements de politique, voici trois façons de protéger votre budget d'épicerie :
- Calculez le « prix unitaire » : Ne regardez pas le prix total. Regardez le prix pour 100 grammes ou par litre. C'est la seule façon précise de comparer les marques de budget avec les marques de distributeur.
- Faites le tour du « périmètre » : Les produits frais et les viandes sont souvent situés sur le pourtour du magasin. Les aliments transformés (qui sont souvent plus chers et moins sains) se trouvent dans les allées centrales. Se tenir à l'extérieur peut parfois offrir une meilleure valeur et nutrition.
- Acceptez les marques de distributeur : Soyez ouvert au changement vers les marques de magasin (comme No Name ou President’s Choice). L'écart de qualité entre les marques génériques et les marques de fabricant s'est réduit, mais la différence de prix reste significative.
En résumé
Le problème de l'épicerie au Canada est désormais un problème structurel. La disparition de la classe moyenne a conduit à un marché alimentaire divisé où les options de gamme moyenne disparaissent. Jusqu'à ce que la concurrence augmente et que le marché s'équilibre, la famille canadienne moyenne devra redoubler d'efforts pour trouver de la valeur dans un système conçu pour deux extrêmes : les très riches et ceux qui sont très attentifs à leur budget.