La baisse de la population du Canada fait chuter les loyers et la demande de logement
Le grand tableau : Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la population du Canada a diminué par rapport à l'année précédente. Cela provoque un changement majeur sur le marché du logement. Si vous êtes locataire, c'est une bonne nouvelle. Les prix baissent et il est plus facile de trouver un logement. Si vous êtes propriétaire ou investisseur, la situation ne joue plus en votre faveur.
Que se passe-t-il ?
La croissance de la population du Canada a stagné. En fait, la population a diminué d'une année sur l'autre. C'est la première fois que cela arrive depuis les années 1940.
La cause principale est les nouvelles règles fédérales. Le gouvernement a imposé des plafonds stricts sur le nombre de résidents non permanents autorisés à entrer dans le pays. Ces règles ont fonctionné plus vite que prévu pour ralentir la croissance démographique.
Parce que moins de personnes arrivent, la demande de logement a chuté de manière significative. C'est particulièrement vrai en Ontario et en Colombie-Britannique. Ces provinces connaissent d'habitude la plus forte croissance, mais elles voient maintenant le plus grand ralentissement.
La Banque du Canada s'attend à ce que ce ralentissement du marché du logement dure. Elle prédit que le marché restera "calme" jusqu'en 2026, tandis que l'économie s'ajuste à ces nouveaux niveaux de population.
L'impact sur votre portefeuille
Pour les locataires
Le marché locatif se détend. Pendant la pandémie et les années qui ont suivi, la concurrence pour les appartements était incroyablement forte. Cela change.
- Prix des loyers : Les loyers sont à la baisse, particulièrement dans les grandes villes comme Toronto et Vancouver.
- Disponibilité : Vous verrez probablement plus de panneaux "À louer" et aurez plus d'options parmi lesquelles choisir.
- Négociation : Avec moins de concurrence, vous aurez peut-être plus de pouvoir pour négocier votre bail ou demander des réparations.
Pour les propriétaires et investisseurs
Le marché devient très difficile pour les personnes qui possèdent des biens d'investissement.
- Rendements plus faibles : Les revenus locatifs diminuent alors que la demande s'essouffle.
- Coûts élevés : Les coûts d'emprunt (taux d'intérêt hypothécaire) restent élevés.
- Activité d'investissement : Les investisseurs se retirent. Le "calcul" de l'achat d'un bien pour le louer ne a plus de sens pour beaucoup, car les coûts sont plus élevés que les revenus que le bien génère.
Qui est touché ?
- Locataires en Ontario et en CB : Vous êtes les principaux bénéficiaires. Vous devriez ressentir le plus grand soulagement au niveau des prix et de la disponibilité.
- Propriétaires : Vous faites face à un double coup dur : des taux hypothécaires élevés et des loyers plus bas. Vous devrez peut-être budgétiser des périodes de vacance plus longues.
- Propriétaires occupants : Si vous prévoyiez vendre une propriété secondaire ou un logement d'investissement, vous pourriez constater que la vente prend plus de temps.
- Acheteurs potentiels : Si vous avez été exclu du marché par les prix, une demande plus faible pourrait éventuellement entraîner une baisse des prix des maisons, bien que les taux d'intérêt élevés restent un obstacle.
Ce que vous devriez faire
Si vous êtes locataire :
- Cherchez autour de vous : Ne renouvelez pas votre bail immédiatement. Vérifiez le marché pour voir si vous pouvez obtenir une meilleure offre ailleurs.
- Négociez : Si votre propriétaire essaie d'augmenter le loyer, utilisez les données actuelles du marché pour résister. Mentionnez que les taux de vacance sont en hausse.
- Attendez : Si vous n'avez pas besoin de déménager tout de suite, vous pourriez trouver de meilleures offres dans les mois à venir.
Si vous êtes propriétaire :
- Sécurisez vos locataires : Essayez de fidéliser de bons locataires sur de plus longues périodes pour éviter la vacance.
- Soyez réaliste : Fixez le prix de votre logement en fonction du marché actuel, et non de ce que votre voisin a obtenu il y a six mois.
- Révisez votre budget : Préparez-vous à des revenus locatifs plus faibles et assurez-vous de pouvoir couvrir vos paiements hypothécaires si le logement reste vacant pendant un certain temps.
Si vous êtes investisseur :
- Attendez : La Banque du Canada prédit que ce ralentissement durera jusqu'en 2026. Il pourrait être plus sûr d'attendre avant d'acheter de nouveaux biens.
- Faites le calcul : Assurez-vous que les revenus locatifs couvrent 100 % de vos coûts hypothécaires. Ne comptez pas sur l'appréciation de la propriété pour réaliser un profit sur ce marché.
En résumé
Le marché du logement au Canada est passé d'une pénurie à un surplus en raison de la baisse de la croissance démographique. Les locataires ont enfin de la marge de manœuvre et peuvent s'attendre à des coûts moins élevés. Cependant, les propriétaires et investisseurs doivent se préparer à une période prolongée de faible demande et de profits réduits. On s'attend à ce que le marché reste ainsi jusqu'à au moins 2026.