Les immigrants trouvent un emploi plus rapidement, mais la « inadéquation des compétences » reste un problème majeur
Ce que cela signifie pour vous : Si vous êtes un nouvel immigrant au Canada, il est désormais plus facile de trouver un emploi rapidement que par le passé. Cependant, il y a de fortes chances que vous finissiez par occuper un poste pour lequel vous êtes surqualifié. Pour les employeurs et les décideurs politiques canadiens, cela signifie que le pays n'utilise pas pleinement le talent qu'il accueille.
La bonne nouvelle : Une intégration plus rapide
Le marché du travail canadien absorbe les nouveaux immigrants plus rapidement qu'il y a dix ans.
Selon un nouveau rapport de Statistique Canada, les immigrants récents entrent sur le marché du travail très rapidement. Pour les immigrants en âge de travailler arrivés au Canada entre 2019 et 2024 sans avoir de travail en attente :
- 42,5 % ont trouvé un emploi en trois mois.
- Il s'agit d'une augmentation significative par rapport au passé. Il y a dix ans, seulement 31,3 % des immigrants trouvaient du travail aussi rapidement.
Ces données suggèrent que la pénurie de main-d'œuvre au Canada est réelle. Les immigrants comblent les immédiatement les lacunes, plutôt que de passer de longues périodes au chômage.
Le problème : Du talent gaspillé
Bien qu'il soit plus facile de trouver un emploi, trouver le bon emploi reste très difficile. Le rapport met en évidence une importante « inadéquation des compétences ».
- Surqualification : Près d'un tiers (32,6 %) des immigrants récents titulaires d'une formation postsecondaire déclarent être surqualifiés pour leur poste actuel.
- Comparaison : Seulement 19,1 % des travailleurs nés au Canada déclarent être surqualifiés.
- Mauvais domaine : 20,8 % des immigrants récents occupent un emploi totalement sans rapport avec leur domaine d'études.
Pourquoi cela arrive-t-il ?
Le rapport indique que cela est rarement dû à un manque de compétences. Au lieu de cela, les obstacles sont structurels :
- Les employeurs n'acceptent souvent pas l'expérience acquise à l'étranger.
- Les nouveaux arrivants manquent d'« expérience canadienne ».
- Il y a un manque de réseaux professionnels locaux.
Qui est touché
- Nouveaux immigrants (2019–2024) : Ces données s'appliquent spécifiquement à vous si vous êtes arrivé au Canada au cours de cette période. Vous êtes probablement confronté au paradoxe de l'« expérience canadienne ».
- Employeurs canadiens : Les entreprises ont du mal à trouver des talents alors que des immigrants hautement qualifiés sont bloqués dans des postes de niveau inférieur. Cela représente une perte de productivité.
- L'économie canadienne : Lorsque les travailleurs qualifiés sont sous-utilisés, l'économie ne croît pas aussi vite qu'elle le pourrait.
Ce que vous devriez faire
Si vous êtes un immigrant récent ayant du mal à trouver un emploi dans votre domaine, envisagez ces étapes :
- Recherchez des programmes de « transition » : De nombreux collèges et associations professionnelles offrent des programmes de transition ou du mentorat spécialement conçus pour les professionnels formés à l'étranger. Ceux-ci vous aident à obtenir des titres de compétence canadiens et des références.
- Concentrez-vous sur le réseautage : Le rapport note que le réseautage constitue un obstacle majeur. Ne vous fiez pas uniquement aux candidatures en ligne. Assistez à des événements de l'industrie, rejoignez des groupes LinkedIn et connectez-vous avec des personnes de votre domaine spécifique.
- Mettez en valeur les compétences transférables : Lorsque vous postulez à des emplois qui peuvent sembler de niveau inférieur, montrez clairement comment votre expérience internationale résout des problèmes pour l'entreprise canadienne.
- Envisagez le bénévolat : Pendant que vous cherchez un poste rémunéré, le bénévolat dans votre domaine peut fournir la « référence locale » que les employeurs recherchent.
En résumé
Le marché du travail est tendu, ce qui signifie que les nouveaux immigrants sont embauchés plus rapidement que jamais (42,5 % en moins de 3 mois). Cependant, le système est encore défaillant en matière de reconnaissance des titres de compétence. Avec près de 33 % des nouveaux arrivants surqualifiés pour leur poste, le Canada gaspille actuellement du talent.